Auteur : Camille Sifferlen

Selon le scientifique P.O. Fanger, notre perception du confort dépend principalement de notre activité, de nos vêtements et des propriétés de notre environnement thermique. En ce qui concerne les climats chauds, il y a deux façons principales d’obtenir un confort intérieur lorsqu’il fait chaud et éventuellement humide à l’extérieur.

1. Maintenir le bâtiment ouvert et favoriser la circulation de l’air

Solution vernaculaire à Djeddah, Arabie Saoudite © Caroline Jäger-Klein et al Bauphysik 2015

C’est l’approche traditionnelle dans de nombreuses régions. Les bâtiments sont maintenus ouverts afin de garantir que de grands volumes d’air puissent circuler. Ces courants d’air aident à garder votre corps plus frais grâce au processus de refroidissement par évaporation sur la peau. Vous pouvez utiliser la ventilation par cheminée pour obtenir des résultats encore meilleurs.

C’est souvent une façon bien pensée de garantir des conditions intérieures supportables. Cependant, elle reste très dépendante des températures extérieures, de l’humidité et de la vitesse du vent. Sous certains climats, les températures peuvent dépasser 40 °C et le taux d’humidité peut atteindre 25 g/kg. De nombreux résidents ne sont plus disposés à accepter ces niveaux de confort, probablement parce qu’ils sont habitués à climatiser les voitures, les magasins et les espaces publics intérieurs. Par conséquent, de nombreux bâtiments traditionnels dans les climats chauds ont été équipés d’unités de climatisation, mais celles-ci ne sont ni efficaces sur le plan énergétique ni particulièrement confortables.

2. séparer l’intérieur de l’extérieur

Une autre approche consiste à séparer l’intérieur de l’extérieur et à garder les fenêtres fermées lorsqu’il fait plus chaud et plus humide à l’extérieur que ce qui est souhaité pour les conditions intérieures. La norme pour les maisons passives suit cette approche et est capable de fournir des températures intérieures inférieures à 25 °C ainsi que des niveaux d’humidité confortables (max. 12 g/kg (≈60% humidité relative de l’air)), tout en maintenant simultanément une faible demande énergétique. Mais comment cela est-il possible ?

Premièrement, limiter les charges thermiques

Le besoin de refroidissement est lié à la chaleur indésirable dans le bâtiment. Il existe deux types de charges thermiques qui affectent le besoin de refroidissement, interne et externe.

Vous pouvez limiter les gains de chaleur interne en choisissant des appareils et des dispositifs électroniques à faible consommation d’énergie. Vous devez également prêter attention à l’efficacité électrique des ventilateurs du ventilateur. En outre, n’oubliez pas d’isoler correctement les tuyaux et les réservoirs d’eau chaude pour éviter toute chaleur indésirable dans les pièces – dans les climats très chauds, il peut être préférable d’installer le réservoir d’eau à l’extérieur de l’enveloppe du bâtiment.

En ce qui concerne les gains de chaleur externes, il faut avoir des niveaux d’isolation suffisants, surtout dans le toit (l’isolation ne « crée » pas de chaleur supplémentaire !). Si l’enveloppe du bâtiment est exposée à beaucoup de rayonnement solaire, il est recommandé d’utiliser des couleurs froides pour les surfaces extérieures. L’étanchéité à l’air est également importante pour limiter les gains de chaleur et d’humidité non désirés par des fuites. L’installation de protections solaires fixes ou mobiles peut également limiter considérablement les gains de chaleur extérieure.

Enfin, vous aurez besoin d’un système de ventilation efficace pour récupérer la chaleur et/ou l’humidité. Cela dépendra du climat, mais il s’agit d’empêcher qu’une trop grande quantité de chaleur ou de vapeur d’eau ne pénètre dans le bâtiment par le flux d’air frais.

Réduire ensuite la demande de refroidissement restante grâce à des stratégies de refroidissement passif

En fonction du climat local, différentes stratégies peuvent être utilisées : La ventilation par les fenêtres est une excellente option si les conditions extérieures sont similaires au climat intérieur souhaité (chasse d’eau nocturne). Elle n’est toutefois pas recommandée si le niveau d’humidité extérieure est élevé, s’il y a beaucoup de bruit, si la qualité de l’air est mauvaise ou s’il y a un risque de cambriolage. Les outils de planification tels que le PHPP sont capables d’identifier correctement le moment où l’ouverture des fenêtres pendant la nuit augmenterait la charge de refroidissement en raison de la nécessité de déshumidification.

Si le sol est relativement frais, vous pouvez également l’utiliser pour refroidir l’air entrant avant qu’il n’entre dans le bâtiment via un échangeur de chaleur souterrain. En règle générale, la température du sol à plusieurs mètres sous la surface de la terre est proche de la température moyenne de l’air sur toute l’année.

Si cela ne suffit pas, un refroidissement actif est nécessaire

La demande et la charge de refroidissement restantes seraient beaucoup plus faibles que dans les bâtiments classiques. Vous pourrez peut-être utiliser le système de ventilation pour répartir la demande de refroidissement ou utiliser des unités divisées beaucoup plus petites. Celles-ci peuvent fonctionner à des vitesses d’air très faibles (profitez du silence !) et fournir de l’air à des températures plus élevées, assurant ainsi plus de confort à des coûts d’exploitation plus faibles ! Vous pouvez également choisir l’activation par noyau de béton, ce qui est particulièrement intéressant pour les grands bâtiments et les climats secs. Toutes ces options sont actuellement testées dans la première maison passive de Dubaï. Dans les climats humides, une déshumidification supplémentaire peut être nécessaire.

Premier bâtiment certifié maison passive à Dubaï, EAU. Photo : MBRSC/Dubaï

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